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CATHERINE ASSOGO : LA PASSION DE PORTER HAUT LA JEUNESSE AFRICAINE.

Cathérine Assogo

Parmi la multitude de jeunes camerounais qui se démarquent au quotidien, il y a celle qui a décidé de mettre en avant ses compatriotes qui se distinguent. En 6 années d’existence, elle a offert sa vitrine à plus d’une centaine de jeunes camerounais et africains qui, de par leurs actions, font briller le soleil de l’Afrique sur le toit du monde. « C’est la jeunesse qui brille », tel est le slogan qu’elle a donné au premier webzine dédié à la mise en lumière de l’entrepreneuriat et des initiatives des jeunes Africains. Découvrez notre entrevue avec Catherine Assogo fondatrice de JDM.

  1. Bonjour Catherine Assogo et merci de nous avoir accordé cette interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Bonjour, je m’appelle Catherine Assogo Mekongo fondatrice et Directrice de Publication du webzine Jeunesse Du Mboa (JDM) que je dirige depuis plus de 6 ans déjà. 

A côté de ça, dans la vie de tous les jours, je suis chargée de facturation dans un cabinet d’avocat parisien. JDM n’est pas mon activité principale mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire même si mes études en comptabilité et gestion d’entreprise n’ont en soi rien à voir avec la rédaction web et la communication. C’est quelque chose qui me plait particulièrement, alors j’ai décidé de le faire.

2. Vous êtes la fondatrice du webzine Jeunesse Du Mboa (JDM). Racontez-nous comment est né le projet, quelle est la valeur ajoutée de JDM et comment étaient les débuts?

Oui. J’ai fondé JDM qui au départ était Jeunesse Active Camerounaise, avec une autre compatriote. Elle a décidé d’arrêter le travail sur Jeunesse Du Mboa donc j’ai continué.

Le projet est né un 14 décembre 2015, pendant que je vadrouille sur Facebook, j’ai vu l’initiative « Smile For Peace » . Il n’y avait pas trop de communication autour à part sur les plateformes personnelles des membres de l’association. J’ai trouvé cela assez triste qu’on n’ait pas une plateforme qui se focalise sur les actions positives de la jeunesse camerounaise.

Je me suis rapprochée d’une des membres de l’association en question, c’est avec elle que j’ai monté le projet initialement. On avait la même vision, les mêmes valeurs donc on s’est dit allez up, pourquoi pas? Lançons la chose et au bout d’un an sans aucune publicité, on s’est retrouvées à plus de milles abonnées sur Facebook. On s’est dit qu’il y avait un réel besoin et donc au fur et à mesure ça a migré en webzine.

Je pense que la valeur ajoutée de JDM c’est vraiment d’avoir une plateforme qui se focalise sur ce que les jeunes font de positif au Cameroun au départ et avec le temps on s’ouvre à l’Afrique. Lorsque vous vous rendez sur nos différentes plateformes, on parle des jeunes et de ce qu’ils font de bien dans tous les secteurs d’activités.

Nous ne nous sommes pas arrêtés sur un pays précis, même si c’est vrai que nous sommes en majorité des camerounais dans l’équipe, ce qui nous donne plus de proximité avec le Cameroun. Sur le site, on parle aussi des actions et associations des togolais, des béninois, des Ivoiriens et même des burkinabés.

Le site est bilingue (Français/Anglais) bien qu’il n’y ait pas encore l’option Bassa, Swahili, medumba… Lorsqu’on sera financièrement prêt on pourra le faire. Jusqu’à présent on a réussi l’exploit de ne pas nous éloigner de notre ligne éditoriale à savoir : mettre les jeunes et leurs actions positives en avant.

3. Vous êtes diplômée en comptabilité gestion et commerce, récemment vous avez obtenu un Bachelor en Business Administration. Pourquoi avoir choisi d’entreprendre dans la communication?

Je suis diplômée en comptabilité et gestion d’entreprise. J’ai choisi d’entreprendre dans la communication par passion.

A la base je voulais être avocate ce qui n’a rien à avoir avec la comptabilité et la gestion d’entreprise. Ma famille n’étant pas financièrement capable de me permettre des études dans l’avocature, je me suis résignée. J’ai cherché et je me suis rendu compte de ce que la comptabilité offrait une situation stable, même en temps de crise car c’est même dans ces moments que l’on a le plus besoin de comptables. Voilà pourquoi je me suis lancée dans la comptabilité dans un premier temps. 

La communication, j’en suis tombée amoureuse et c’est devenu ma passion au fil du temps. Il faudrait noter que j’ai travaillé avec plusieurs associations. Au départ c’était avec une page Facebook qui s’appelait « camer connecte » avec des amis que j’avais commencé, le but était de connecter les camerounais justement comme son nom l’indique.  La distance n’a pas aidé, on s’est perdu de vue, mais j’avais déjà les graines du Community management.

Ensuite, j’ai intégré une association dont le but était de créer un réseau entre les afro-descendants de Paris et même d’Europe (réseau business), le but était de lancer un business. Dans cette association je m’occupais de pleins de choses, je touchais un petit peu à tous. J’aime toucher à tout. Je m’occupais un petit peu de l’événementiel, de la communication, de l’organisation à l’interne etc. En faisant cela je suis tombée amoureuse de la communication. Lorsque je tombe sur la vidéo de « Smile For Peace » qui présentait le travail de plusieurs jeunes camerounais, j’étais très touché. Littéralement, j’étais en larmes devant cette vidéo et je me suis dit voilà! 

Vu que je suis diplômée en comptabilité, je n’avais pas d’expérience donc je me suis rapprochée de kate Mouliom qui étais dans « Smile For Peace ». Nous avons échangé et, elle ayant déjà de l’expérience en ce qui concerne internet pro et le fonctionnement des outils de communication, nous avons lancé Jeunesse Active Camerounaise sur Facebook.

C’est venu naturellement. J’aime parler des autres, organiser des événements, j’aime tout ce qui a trait à la communication mais c’est un amour, une passion qui est née beaucoup plus tard. Et aujourd’hui mes études m’aident à gérer mon entreprise. 

4. Avez-vous d’autres occupations en dehors de JDM?

En dehors de JDM, j’ai mon travail de comptable qui paie mes factures et j’ai ce côté aussi conseil que je donne gratuitement. J’ai souvent des personnes qui me demandent si je peux faire des montages photos ou en infographie pour eux. Je fais aussi de la mise en relation entre professionnels pour l’instant ça ne paie pas peut-être je devrais la rentabiliser comme a dit quelqu’un «la valeur de quelqu’un c’est la valeur de son réseaux » (Rire).

5. Après plus de 5 ans d’activités, quel bilan faites-vous de JDM? Comment le projet a-t-il été accueilli par la cible?

À ma grande surprise et cela me surprend à chaque fois, JDM a été bien accueilli. On pense que je suis une professionnelle de la communication, que j’ai fait des études dans ce domaine. Cela veut dire que je ne fais pas de la merde à priori vu que l’on me prend très au sérieux en tant qu’une professionnelle de la communication alors que je suis comptable de formation (Rire). 

Sinon le bilan est positif. La cible en elle-même est très intéressée. Je me souviens en 2017, j’ai eu la chance d’exposer au Musée National à l’occasion de la fête de la jeunesse et j’avais été agréablement surprise avec mon petit stand JDM, je voyais des gens venir « ah je vous suis, j’ai lu votre magazine, je vous suis sur Facebook, sur twitter etc… ». Pour moi c’était juste incroyable. En 2019 je fais venir monsieur Flavin Kouatcha pour présenter son activité à l’Assemblée National de Paris.

Je pense que le bilan en soi est positif, ça motive et incite à continuer même si financièrement, ça ne me rapporte pas autant que mon investissement, ce que je gagne humainement n’a pas de prix.

6. Quelles sont les difficultés que vous avez dû surmonter depuis 2015? Avez-vous reçu des financements par rapport au projet?  

Pas du tout. Je finance à cent pour cent de ma poche depuis 2015. Les difficultés sont plus financières mais le peu de revenu que j’ai de côté me permet de pouvoir payer les contributeurs et rédacteurs vu que j’ai cessé d’écrire pour JDM en 2016.

La vérité aussi c’est que je n’ai pas demandé de financement.  Je voudrais que dans le futur, lorsque j’irai demander des financements, que je puisse montrer ce que j’ai pu réaliser, la crédibilité que j’ai acquise et la qualité de mon travail au vu de mes années d’expériences. Ceci pour que personne ne puisse avoir de doute ayant fait le lien avec mon parcours sur JDM. Ce qui est pour bientôt.

7. JDM dans le futur, comment le voyez-vous?

JDM dans le futur je le vois comme un organe de presse établi avec notre propre fréquence radio, un une chaîne télé, une chaîne YouTube et un magazine distribué. A côté aussi, d’autres activités justement que j’ai et qui ne sont pas forcément rentables pour le moment c’est-à-dire la mise en relation, les conseils en communication et le branding qui m’arrive de faire en off. C’est comme ça que je vois JDM et parce que ça va demander un gros investissement, je travaille encore sur la qualité, la crédibilité accompagnée de l’expérience du terrain. A la fin de journée ce qui marche le plus en Afrique c’est la télé, la radio et après la digitale  

8. Y a-t-il d’autres projets entrepreneuriaux à venir?

Oui. Hormis ce que je viens d’énumérer à la question N 7, j’ai une chaîne de restaurant précise que je veux mettre en place, pour le made in Cameroun surtout dans le textile. Ce qui me manque en ce jour c’est le financement car pour réaliser l’un de mes projets il me faut au moins trente millions.   

9. Un regret dans votre parcours

Pas vraiment. Je n’aime pas avoir de regret, il n’y a pas de place pour cela dans la vie. Je préfère voir le regret comme une leçon. Quand les choses ne fonctionnent pas il ne faut pas regretter parce que les situations nous apprennent forcément quelque chose, on voit les choses autrement, on grandit on revoit la manière d’atteindre notre vision et de s’adapter.

10. Quelles sont les statistiques de JDM? Est-ce que vous avez réellement réussi à toucher les jeunes du Cameroun et de la diaspora? À quelle fréquence est-ce que JDM pénètre le marché? 

On a une communauté de quinze mille personnes et dans cette communauté, on a 10% qui vont véritablement vers la cible, ça fait mille cinq cents personnes qui vont véritablement sur le site internet tous les jours.  En termes de pays, les 3 gros pays qui nous lisent sont le Cameroun, la France, les États-Unis après on a le Bénin et la Côte d’ivoire. Sur les 5 premiers pays qui nous lisent, nous avons trois pays en Afrique centrale. 

En Occident on a la France et les États-Unis où se trouve la meilleure partie de la diaspora. Derrière, on a le Canada, le Nigeria, United kingdom, l’Italie et le Maroc.

Sachant que notre plus grande communauté se trouve sur Facebook, quand je vois les liens qui amènent les visiteurs sur le site internet c’est soit Whatsapp, Google, Twitter, Facebook et ensuite on a Linkedin.

Merci de nous avoir accordé cette interview et bon vent pour la suite.

Merci à vous.

Author

nadia ed

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